Procès de Florence Hartmann: poursuivez les criminels pas les journalistes!

Le groupe « En soutien à Florence Hartmann » a publié le texte suivant sur Facebook:

L’AFFAIRE
Notre consœur Florence Hartmann, journaliste et ancienne porte-parole du procureur du Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie, va être jugée du 15 au 17 juin prochains par ce même tribunal pour «outrage à la cour», c’est-à-dire pour avoir entravé le cours de la justice.
Elle encourt une peine de 7 ans de prison ou 100 000 euros d’amende.
Le tribunal lui reproche trois pages d’un livre, Paix et Châtiment paru en septembre 2007, dans lesquelles elle rapporte les circonstances dans lesquelles le tribunal a délibérément effacé les passages impliquant le plus clairement l’Etat serbe dans les massacres de civils en Bosnie-Herzégovine durant les années 92-95. L’enjeu? Ces preuves auraient probablement permis de faire condamner l’Etat serbe pour génocide et ainsi permis aux dizaines de milliers de victimes ou à leurs familles de réclamer à la Serbie des réparations.

POURQUOI FLORENCE HARTMANN?
Elle est inculpée en août 2008 pour avoir «révélé» dans son livre publié en septembre 2007 l’existence de cet accord datant de 2003 entre le TPIY et l’Etat serbe. Elle est la seule personne inculpée pour avoir dénoncé cet accord. Or, elle n’est ni la seule, ni la première à l’avoir fait. Depuis 3 ans, cet accord relevait du domaine public. Il avait été évoqué dès 2005 par l’Institute of War and Peace Reporting, puis commenté dans le New York Times en 2006 par des journalistes et des spécialistes du droit international. Et en février 2007, lorsque, faute de ces fameuses preuves la Cour Internationale de Justice (qui juge les Etats alors que le Tribunal pénal juge les individus*) disculpe l’Etat serbe de toute responsabilité dans les crimes et massacres en Bosnie, cette décision suscite une véritable controverse publique. C’est seulement en septembre 2007 que sort le livre de Florence Hartmann.
Alors? Le TPIY accuse la journaliste d’avoir eu accès à ces informations pendant ses fonctions de porte-parole du procureur du tribunal (d’octobre 2000 à fin mars 2006). Si cela avait été le cas, pourquoi ne pas l’inculper pour «violation du droit de réserve» et ne pas s’en prendre à l’ensemble de son livre pour le moins dérangeant sur les relations entre la politique et la justice internationale? Pourquoi se focaliser sur 3 pages ? Pour une raison à la fois simple et grave : ces 3 pages (dont les sources se situent hors tribunal) révèlent que cet accord n’avait pas de fondement juridique et aurait dû être annulé.

UNE INSTRUCTION ENTACHEE D’IRREGULARITES

Depuis l’inculpation de Florence Hartmann, en août 2008, la défense a vidé une bonne partie du dossier d’accusation. En particulier, elle a prouvé le manque d’impartialité des juges chargés de la juger et obtenu leur limogeage en mars 2009. Le procureur a renoncé à la plupart de ses témoins et ne dispose plus de témoin à charge. Seuls deux témoins experts et indirects seront, semble-t-il, présentés. Parallèlement une mobilisation s’est mise en place, avec des groupes de soutien, des éditoriaux de personnalités du monde juridique, des anciens ministres, des journalistes dont plusieurs sections nationales de l’Association des Journalistes Européens, une pétition internationale regroupant des signataires de plus de 30 pays.

SI FLORENCE HARTMANN EST Y CONDAMNEE?
Ce sera une grave défaite pour :

  • L’information : A partir de la condamnation, toute allusion publique aux trois pages du livre de Florence Hartmann sera un délit pénal.
  • Le droit : Ce procès est de bout en bout une aberration juridique dénoncée de façon quasi unanime par les spécialistes du droit international. De plus, comment s’expliquer un tel acharnement sur cette journaliste entièrement dévouée à la cause humanitaire alors qu’il y a des urgences autrement cruciales : le TPI ferme ses portes dans deux ans alors qu’il n’a jugé ni Radovan Karadzic, ni Ratko Mladic, ni Jovica Stanisic, principaux responsables des crimes commis en Bosnie-Herzégovine , et que Slobodan Milosevic est mort en prison avant d’avoir été condamné. Interrogé sur France Culture en janvier 2009, voici de ce que disait Robert Badinter sur cette affaire: «Je rappelle encore une fois la mission du TPI: elle n’est pas de veiller à ce que des informations obtenues dans le cadre des fonctions de X ou Y ne soient pas révélées, elle est la poursuite des criminels contre l’humanité. C’est déjà une assez haute mission pour qu’il ne s’en détourne pas».
  • Les victimes. L’interdiction d’utiliser les 3 pages du livre de Florence Hartmann ferme tout recours des victimes (les familles des 150 000 morts, les femmes violées, les hommes détenus dans des camps, etc.) pour contester l’accord litigieux entre la Serbie et le TPI et rouvrir le dossier de la responsabilité de l’Etat serbe. C’est une double peine qui leur est infligée, celle de la souffrance doublée du sentiment d’injustice. Leur demande d’être entendues au procès de notre consœur a été rejetée en mai dernier par les juges du TPIY. Leurs représentants viendront néanmoins à La Haye et s’assiéront avec le public. D’autres manifesteront à Sarajevo lundi 15 juin dans la matinée devant le bâtiment des Nations unies.
  • * En 1993, l’Etat de Bosnie-Herzégovine avait porté plainte contre l’Etat serbe auprès de la CIJ pour génocide

    Voici donc ces pages:

    Paix et Châtiment (pages 120 à 122 (3900 s)

    Comment les archives éclairant le rôle de la Serbie de Milosevic dans le génocide en BH ont été soustraites à la connaissance du public

    Les juges du TPIY ont soustrait à la connaissance du public des documents cruciaux dans le seul but d’empêcher une éventuelle condamnation de la Serbie devant une autre cour de justice des Nations unies, la Cour internationale de Justice (CIJ).
    Plusieurs décisions des juges du TPIY montrent clairement que l’ordre de non-divulgation a été concédé pour ne pas porter préjudice à la Serbie dans le litige l’opposant à la Bosnie-Herzégovine devant la CIJ. Les juges du TPIY y admettent que la divulgation des passages les plus compromettants des archives du CSD pouvait avoir «un impact négatif» sur l’issue de la procédure engagée devant la CIJ. Ils reconnaissent vouloir par leur décision éviter à la Serbie d’être condamnée pour génocide et contrainte de payer des réparations aux victimes. Belgrade a obtenu gain de cause en arguant de « l’intérêt vital national » de l’État serbe.
    Les juges en charge de l’affaire Milosevic, le britannique Richard May, le jamaïcain Patrick Robinson et le sud-coréen O-Gon Kwon, ont préféré à l’intérêt de la justice et de la vérité la stabilité supposée d’un pays. Ils se sont ainsi faits complices d’un mensonge. Ils vont cependant faire marche arrière en 2005.
    Mi 2005, ils refusent d’accorder à la Serbie une nouvelle demande de non-divulgation qui concernait cette-fois des dossiers personnels militaires. Ces documents montraient explicitement que Ratko Mladic ainsi que d’autres généraux de l’armée serbe de Bosnie (VRS) étaient membres de l’armée de Serbie (VJ) et relevaient de l’autorité suprême de Belgrade. Opposée à ce que ces documents deviennent publics, la Serbie avait fait appel de la décision.
    La chambre d’appel considéra en septembre 2005 que tous les décisions relatives à la confidentialité des documents du CSD, rendues jusqu’ici par les juges en charge de l’affaire Milosevic, au motif que leur divulgation pouvait nuire à «l’intérêt vital national» de la Serbie relevait d’ «une erreur de droit» puisqu’il ne s’agissait pas strictement de raisons de «sécurité nationale». Mais, plutôt que de corriger l’erreur qu’elle venait de constater et de lever le secret sur tous ces documents, la chambre d’appel jugea que les décisions rendues jusqu’à présent avaient crée “une attente légitime” de la Serbie de voir toutes ses requêtes similaires ultérieures satisfaites sur la même base. Les juges d’appel considéraient par conséquent «injuste» de refuser à la Serbie les mesures de confidentialité réclamées pour les dossiers militaires.
    Choqués par cette décision, Carla Del Ponte et son équipe du parquet conviennent de saisir les juges dans l’affaire Milosevic et de faire valoir l’invalidation de l’« intérêt vital national » pour demander immédiatement la levée des mesures de confidentialité sur les archives du CSD. Le 6 décembre 2005, les juges Iain Bonomy, le remplaçant de Richard May, et Robinson acceptent, malgré l’opposition du juge Kwon, d’annuler les mesures de protection en vigueur depuis 2003, comprenant que Belgrade ne cherche pas à protéger sa sécurité nationale mais bien à entraver la justice dans sa recherche de la vérité. Belgrade fait aussitôt appel et obtient une suspension provisoire de la décision, empêchant ainsi la Bosnie de soumettre les archives du CSD à la CIJ, avant l’ouverture des audiences consacrées à sa plainte fin février 2006. Le 6 avril 2006, après avoir examiné les arguments du parquet, les cinq juges de la Chambre d’appel, toujours présidée par l’Italien Fausto Pocar, décident de casser la décision du 6décembre 2005. Les informations impliquant directement l’État serbe dans la guerre en Bosnie et dans les massacres de Srebrenica restent ainsi inaccessibles à la CIJ et au public. Le parquet n’est pas en mesure de dénoncer le scandale publiquement, les juges ayant rendu chacune de leurs décisions avec la mention « confidentielle »

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    « Le Tarzan », du quai François-Maillol au quai de la République

    c’est arrivé le 23 avril 2009:


    Trouvez plus de photos comme celle-ci sur giraudo.net

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    A plus

    J’ai de plus en plus de mal à tenir correctement ce blog, surtout depuis que je me suis lancé dans l’exercice de longue haleine que représente l’écriture d’un livre. J’ai aussi constaté que je ne prêche pas dans le désert. Globalement ce que j’ai dû être parmi les premiers à penser (la radicale transformation du métier de journaliste entraînée par les nouvelles technologies numériques) est désormais sinon considéré comme une évidence du moins largement partagé. Nombreux sont ceux (cités pour l’essentiel dans ma blogoliste) qui enfoncent le clou bien mieux que je ne ne saurai le faire de plus en plus car j’ai le sentiment de radoter et la patience me manque quand il faut toujours dire aux sceptiques incurables les mêmes truismes.

    Bref je vais participer le 19 mars à un débat organisé par le Club de la presse de Montpellier à la MJC de Castelnau* sur le thème « Journaliste et Internet: amis ou ennemis ». Les participants sont sensés répondre à trois questions:

    • Quelles évolutions pour le métier de journaliste face au numérique ?
    • Quelle différence entre blogueur et journaliste ?
    • Quelle est la législation actuelle concernant les sites d’information?

    Ça peut être divertissant. Je ne suis pas sûr que cela m’amuse beaucoup pour les raisons que j’ai donné plus haut. Je vais donc mettre ce blog entre parenthèse au moins le temps de finir le projet dans lequel je me suis lancé. Après je verrai si j’ai encore quelque chose à apporter au débat. Merci à ceux qui m’ont suivi. A plus (sans doute).

    * MJC André Malraux 10, chemin de la moutte 34 Castelnau-le-Lèz (04 67 02 99 40)

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    L’info en trois morceaux | sla…

    L’info en trois morceaux | slate http://tinyurl.com/dxduf5 via @ShareThis

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    MediaShift . Washington Post’s…

    MediaShift . Washington Post’s ‘Web Ninjas’ Build Map-Timeline Combo | PBS http://tinyurl.com/c84857 via @ShareThis

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    Quotidiens: Marcel Gauchet ne croit pas aux « nouveaux lecteurs »

    Interrogé par Josyanne Savigneau pour « Le Monde », le pholosophe Marcel Gauchet a une réflexion très intéressante sur la quête illusoire de nouveaux lecteurs par les quotidiens:

    Il ne faut pas déduire du fait qu’on parcourt un gratuit pour lequel on ne paierait même pas 10 centimes qu’on est prêt à acheter le même en mieux – mieux présenté et mieux écrit – pour 1,30 euro.

    Interview à lire ici: http://tinyurl.com/clm9ue via @ShareThis

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    Les Français aiment (malgré tout) les réseaux sociaux

    Techcrunch nous dit que (malgré tout ce qui se pase du côté de Facebook en ce moment) les Français aiment les réseaux sociaux et Facebook dépasse SkyRock.
    A lire ici http://tinyurl.com/c4n5ww via @ShareThis

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    Les bons outils du journaliste numérique

    Présentation (en anglais) faite à l’association de la presse du Tennessee par Karen Kraft and Erin Cubert (vue sur le blog Random Mumbling

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    Une info moins chère et plus fraiche?

    Selon MediaShift, il y a sept façon de réduire les coûts de production de l’information, et d’avoir des nouvelles plus fraiches grâce aux réseaux sociaux.

    Alire ici (en anglais)http://tinyurl.com/cvan62 via @ShareThis

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    Plymouth daily launches social…

    Plymouth daily launches social networking site – Press Gazette http://tinyurl.com/c9tdps via @ShareThis

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