Etats généraux: petits réglements de compte

Conseiller de notre omniPrésident, Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du Monde, est faché avec Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui a lancé un site d’informations payant, mediapart.fr. Cette fâcherrie a été évoqué par Alain Minc lors de l’émission « Parlons Net » sur France info.

Dans cet entretien, le conseiller de Nicolas Sarkosy dit sans détour cette fois (son ancienne position le contraignait à une « prudence vaticanesque ») qu’une des plaies de la presse française est le syndicat du livre qui impose à l’impression et ladistribution des quotidiens des coûts (salaires et effectifs) exhorbitants et qu’il faut faire avec le livre ce qui a été fait par un ministre socialistes avec les dockers.

Mais dans cet entretien Alain Minc évoque aussi médiapart.fr. J’ai dit ici toutes les réserves que m’inspirent cette expérience qui à peine lancée a été accompagnée d’un appel à la défense de la liberté de la presse. Il semble que le conseiller du Président soit encore plus catégorique que moi.

On jugera en visionnant l’entretien diffusé sur Daylimotion:

Mediapart.fr a réagi de deux façons à cette mise en cause:

  1. dans un texte de Laurent Mauduit, auteur d’un pamphlet contre Minc, qui écrit notamment:

    Alain Minc est, en arrière-plan, le grand organisateur des états généraux sur la presse. Et qu’il dit tout haut – sur la gratuité, sur le livre CGT ? – ce que Nicolas Sarkozy ne veut pas forcément assumer publiquement. En vérité, c’est cela qui est le plus inquiétant. Avec ses états généraux, on devine qu’une grande mise en scène est organisée. Mais qu’en vérité tout est déjà décidé.

  2. dans une vidéo diffusée sur Daylimotion qui « recycle » les propos de Minc pour demander des subsides:

Comme Coluche, je ne suis pas sûr que cela fasse beaucoup avancer le schmilblick. Or si j’en crois lefigaro.fr qui cite le cabinet de conseil en stratégie OC & C Strategy,

la presse écrite payante française (presse quotidienne d’informations générales, presse payante d’annonces, presse magazine grand public) devrait globalement passer dans le rouge dès 2010-2011 et pourrait accuser une perte de 700 à 800 millions d’euros à l’horizon 2015. «Depuis des années, la presse écrite s’est contentée d’un modèle économique peu performant. Aujourd’hui, elle dispose d’une faible marge de manœuvre pour prendre les options stratégiques qui s’imposent afin de préparer les années à venir», préviennent les auteurs de l’étude. En 2007, le résultat estimé du secteur est compris entre 300 et 400 millions d’euros pour un chiffre d’affaires global autour de 8 milliards d’euros, soit une rentabilité de 4 à 5 %. La perspective de perte en 2015 est liée à la poursuite de la baisse de la diffusion de la presse papier et à la migration des recettes publicitaires vers le Web. Même si les groupes de presse sont déjà présents sur Internet, le volume d’activité qu’ils y génèrent est encore faible bien que la marge s’élève entre 10 et 15 %.

Or cet effet de ciseaux qui a été décrit par le professeur Piccard dans une conférence intitulée « La vache et l’entrecôte » ne sera pas interrompu par des mesures pour inciter les jeunes à lire (il le font), pour inciter le livre à travailler plus et mieux pour moins cher et avec moins d’effectifs, ou pour augmenter les points de vente des quotidiens.

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