Hiérarchisation de l’information: le vrai défi pour les journalistes

Andrew C. Revkin rédige un blog intitulé « Dot Earth » (Point Terre)et sous-titré « Neuf milliards d’êtres humains, une planète » qui apparaît dans la rubrique sciences du site du New York Times. Le 5 décembre il a publié un texte dans lequel il fait apparaître un saisissant parallèle entre la baisse du prix du baril de pétrole (on est tombé à moins de 40 dollars mais la chute ne pourrait s’arrêter que vers les 20 dollars) et la réduction du nombre de sujets consacrés par la presse des cinq continents au réchauffement climatique selon une étude de l’Université d’Oxford où 50 quotidiens de 20 pays ont été dépouillés au cours des quatre années écoulées.

Andrew C. Revkin relève ensuite que les « pics » de couvertures correspondent à des épisodes où des événements spécifiques (El Nino, Tsumami…) ont entraîné des réactions émotionnelles fortes. On le voit aussi sur la couverture du réchauffement climatique par les trois grands networks américains:

Andrew C. Revkin en conclut que le réchauffement climatique est passé en dessous de la pile des priorités éditoriales (« News Coverage of Climate Entering Trance »).

Je ne sais pas s’il existe d’autres sujets faisant l’objet, comme le réchauffement climatique, d’une telle mesure quantitative du traitement. Comme je pense que ce n’est pas le cas, je suggère que de telles mesures soient faites systématiquement sur des sujets importants (la surpopulation, les sous-munitions, les droits de l’homme… par exemple mais il peut y en avoir des dizaines d’autres). Cela permettrait en effet de ne plus faire un traitement de l’information en coups d’accordéon. Je suis persuadé que le public ne comprend pas pourquoi à certains moments les médias les bassinent avec un sujet qui est rapidement chassé par un autre et ainsi dessuite. De plus au moment où les journalistes professionnels expliquent que la hiérarchisation est une fonction clé de leur activité cela leur permettrait de voir s’ils respectent bien cette hiérarchie. Cela veut dire que les journalistes doivent autant résister à la pression de l’actualité qu’à celles des pouvoirs. Traiter l’information en fonction d’une hiérarchie claire ce serait ainsi faire preuve d’indépendance, un autre point sensible des rédactions. Et on résoudrait de la sorte bien des problèmes évoqués en marge des Etats généraux de la presse.

Et pour revenir à la question soulevée par Andrew C. Revkin, je pense que les changement climatique doit être mis en tête des préoccupations éditoriales de toutes les rédactions, cela permettrait d’avoir un vrai traitement du sommet de Poznam et un peu de retenue sur les gesticulations des socialistes français.

Ce contenu a été publié dans e-paper, imprimerie, journalisme, presse, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.