Lively: un nouveau défi pour les éditeurs?

Michael Arrington de Techcrunch pense que le lancement de Lively par Google est une mauvaise nouvelle pour SecondLive. L’avenir, qui est souvent capricieux, le dira. Ce qu’on peut dire dès aujourd’hui en revanche c’est que la prédiction des patrons de Linden est en train de se réaliser: SecondLive et Lively ne sont plus seulement des univers virtuels mais de véritables navigateurs. La question est donc de savoir quand ces navigateurs 3D prendront le pas sur les navigateurs 2D (IE, Firefox…) autrement dit quand les univers virtuels en ligne permettront un partage de la connaissance aussi facile que ce qu’autorise le www désormais (ce qui n’était pas le cas il y a une quinzaine d’années avec des modem 32 k quand les univers virtuels étaient eux déjà très élaborés mais sur supports fixes).

En tout cas cette nouvelle me réjouit et voilà pourquoi: il y a quelques mois, j’ai proposé à l’éditeur qui m’employait alors de commencer à prendre pieds sur SecondLife (j’ai rencontré pour cela l’équipe de Community Chest, des types passionnants). On a tordu le nez: « encore une fois tu proposes d’investir dans un truc pour ados zarbi, il a un papier qui dit que SecondLife c’était pas le pactole, etc, etc… on veut du retour sur investissement… » (c’est avec les mêmes arguments que les éditeurs sont allés sur internet à reculon) Depuis on sait qu’IBM (bien connu pour gaspiller son argent) a mis dans millions de dollars dans des projets d’univers virtuels à destination des entreprises (les futurs intranets). Et maintenant voilà la bande à Larry Page et Serguey Brin qui s’y colle.

Bref les éditeurs devraient sérieusement se poser la question de savoir comment ils vont pouvoir utiliser ces outils pour diffuser leurs (chers) contenus. Ce qui me permet de faire un reour sur l’excellent post d’Emmanuel Parody qui à propos d’autres initiatives de Google – « deux initiatives qui », selon Emmanuel, « déshabillent littéralement l’ensemble des acteurs du Web. Avec la nouvelle option “websites” de Google Trends il propose une estimation précise du trafic d’un site (il faut s’enregistrer pour faire apparaitre les données volumétriques). Avec Ad Planner il fournit aux annonceurs des informations sur l’audience du site, volume et données socio-démographiques. Données exportables dans les outils de media planning. Des données accessibles gratuitement aux annonceurs. Une mise à mort programmée des Comscore, Nielsen. »- rappelait fort justement:

Google veut rendre l’information accessible à tous non comme une gigantesque entreprise de distribution mais en anihilant ses coûts. La valeur marchande de l’information tend vers zéro non parce qu’elle prolifère mais parce qu’un moteur de recherche omniscient supprime les barrière d’accès et le facteur de rareté. La gratuité absolue des outils de recherche est le facteur indispensable pour conduire à la gratuité de l’information. C’est une stratégie destructrice pour ceux qui vivent de l’information, elle est voulue, calculée, tout au moins assumée.

Ce contenu a été publié dans univers virtuels, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.