Des nouvelles de Read & Go

J’avais parlé du Read & Go d’Orange il y a trois mois (l’e-paper version Orange). Le New York Times vient de faire le point sur cette expérience qui permet aux principaux titres de presse nationale (Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Parisien, les Echos, L’Equipe et Télérama) d’être accessibles sur une sorte de kiosque électronique mobile (en fait une sorte de Kindle avec de la publicité en plus). Pour l’instant le produit est à l’essai dans les mains de 120 privilégiés. France Télécom annonce sur son site orange-innovation que le produit sera disponible en 2009 (sans autres précisions).

J’ai été frappé par la motivation affichée par France Télécom:

Mr. Fournier, the telecom company’s senior vice president for online advertising, said that his company wanted to help newspapers succeed in the digital world, something they have generally struggled to do on their own (…) “We are there to support this transformation,” he said. “We are not there to do their business. We are not very good writers.”

L’idée que France Télécom puisse jouer les chevaliers blancs de la presse écrite payante me semble lourdement ironique. L’idée en revanche que les éditeurs parisiens ne tentent pas de s’approprier une technologie dont ils ne seront jamais maître pour diffuser leurs contenus me semble très pertinente comme je le disais ici à propos de Google (la fin de se qu’on pouvait appeler le syndrome Roissy-Ivry?).

Le test doit prendre fin en septembre. Les « cobayes » devront alors dire combien ils seraient prêts à payer la tablette – iRex, fabriquée par une branche de Philips Electronics (mais FT discute avec d’autres fabricants). Ce n’est pas un mince problème: un journal néerlandais, le NRC Handlsblad, l’a proposé à ses abonnés à 500 euros, ce qui semble très cher (c’est le prix d’un très bon PC portable) même pour pouvoir lire sept titres de presse et quelques livres.

L’autre challenge (pardon: défi) qu’aura a relevé Orange sera la publicité (qui normalement devrait faire baisser le prix d’accès au produit): certes Orange peut revendiquer 24 millions d’abonnés à un service mobile mais concernant ce produit spécifique il faudra convaincre les annonceurs c’est-à-dire leur donner des chiffres d’audiences, ce qui n’est pas gagné.

En tout cas l’expérience mérite d’être suivie de prêt car si les tablettes ne doivent pas remplacer les journaux imprimés, elles constituent bien un nouveau canal de diffusion comme le dit Pascal Laroche, directeur des éditions électroniques de Libération. Une « testeuse » interrogée par le NYT regrette par exemple que Le Canard enchaîné ne soit pas proposé sur ce kiosque portable et elle regrette aussi de ne pouvoir archiver des textes particuliers.

Ces deux regrets montrent que le système est perfectible et donne l’envie de l’être. Est-ce que la solution ne serait pas alors la proposition faite par Michael Arrington sur Techcrunch: la création d’un tablette open source à très bas prix:

Je rêve d’un engin fin comme le MacBook Air qui tourne sous Linux Kernel avec Firefox et peut-être Skype. A ma connaissance cela n’existe pas. Alors créons nous mêmes le design et rendons les spécifications OpenSource afin que n’importe qui puisse le concevoir.

L’idée est toute simple: la machine est aussi fine que possible, le matériel Hardware est le plus basique et il y a un seul bouton pour allumer et éteindre; une entrée pour des écouteurs, une camera vidéo intégrée, des petits haut-parleurs et un micro; fonctionne avec WiFi, un port USB et une batterie intégrée, un demi GiGa de RAM, et un disque dur de 4 GiGa; on l’utilise essentiellement comme un iPhone, de façon tactile. On le veut sur Linux et Firefox; en fait l’idéal serait que tout soit OpenSource mais intégrer Skype pour la VoIP serait sympa aussi.

Si tout ce que vous faites, c’est utiliser Firefox ou Skype pas besoin de trop de puissance, donc moins de coûts.

L’idée est de contourner toute interface desktop et d’accéder directement au navigateur Firefox via une extension Kiosk mode, qui permettra de transformer le navigateur en système d’exploitation. Il faudrait rajouter Gears pour la synchronisation offline de Google Docs et des emails, etc…le tout avec Skype , vous aurez une machine utile et bon marché.

Sur le navigateur il y a aura une page d’accueil avec des gros boutons pour les favoris : infos, Meebo IM, Google Docs/Zoho, Email, réseaux sociaux, sites de photos, YouTube, etc..

Une société avec laquelle nous travaillons nous affirme que cette machine pourrait être fabriquée avec quelques centaines de dollars. Il nous faut pour cela écrire les modifications pour Linux et Firefox et les spécifications du Hardware. En quelques mois des prototypes peuvent être prêts.

Nous allons mettre en place une équipe qui définira les spécifications précises; nous publierons un premier document avec les grandes lignes prochainement. Puis nous demanderons à ceux qui le désirent de participer à l’écriture des codes pour modifier Linux et Firefox. Une fois complété, nous travaillerons avec cette société afin d’obtenir une idée du coût (le but est d’environ $200) et peut-être d’obtenir des premiers prototypes. Toux ceux qui contribueront à ce projet recevront un prototype. Et si tout fonctionne, le design deviendra OpenSource et n’importe qui pourra le construire.

L’objectif est simple: créer une machine simple et bon marché. Cela peut-être amusant et nous obtiendrons peut-être un produit idéal pour surfer et communiquer.

Et en plus ça éviterait aux journaux de se mettre dans les griffes de FT (qui ne sont pas moins tranchantes que celles de Google, le grand ennemi). Et en plus Emmanuel Parody pourrait avoir ses éditions favorites sur le bord d’une piscine au Maroc sans perdre une minute :=).

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